L’impact du froid sur la batterie et l’autonomie de la Tesla Model 3 l’hiver au Québec

J’ai écrit un article sur l’impact du froid sur la batterie de la Model 3 lors de mon premier hiver en tant que propriétaire. Cinq ans et plusieurs mises à jour plus tard, certains éléments ont changé. Voici ma réflexion actuelle sur l’impact du froid sur ma Model 3 — c’est-à-dire une version 2018, avant la thermopompe. La thermopompe devrait améliorer partiellement ces « résultats ».

L’autonomie L’autonomie d’une Tesla Model 3 en hiver est imprévisible — comme pour toute voiture électrique. Mes lectures mentionnaient de prévoir une perte d’autonomie de l’ordre de 20% par temps très froid, mais c’est loin d’être le cas. Sous -20°C, pour de courts trajets (moins de 20 km), il faut prévoir une perte d’autonomie de plus de 50-60%. En bref, prévoyez « passer au travers » de 50 km d’autonomie pour parcourir 20 km. Cette situation se stabilise pour de plus longs trajets lorsque la batterie se réchauffe et peut également être atténuée en préparant la batterie avant le départ. L’autonomie d’une voiture électrique est aussi affectée par les conditions routières. S’il neige, prévoyez une perte d’autonomie additionnelle pouvant atteindre 10%. Chauffer l’air de l’habitacle coûte également cher en énergie, malgré la thermopompe. Il vaut donc mieux utiliser les sièges chauffants, mais personnellement, ça m’agace de devoir geler dans un véhicule payé près de 80 000$, alors je maintiens l’habitacle à 20°C.

La puissance On remarque une diminution de puissance aux environs du point de congélation, mais sous -25°C, la voiture devient vraiment lente. Après environ 5 km, le système se réchauffe et la performance s’améliore. Ce problème semble surtout se présenter lors du premier « démarrage » du matin et est « moins pire » le reste de la journée. Toutefois, cela semble s’être amélioré au fil des années grâce aux mises à jour logicielles. Lors du premier hiver, c’était vraiment impressionnant. J’ai parfois eu peur de ne pas pouvoir monter certaines côtes. Maintenant, c’est beaucoup plus subtil.

Freinage récupératif Le comportement routier de la Model 3 change énormément selon la température. Sous -10°C, le freinage récupératif n’est plus actif, ce qui limite la conduite à une pédale. Une récente mise à jour logicielle permet maintenant à la voiture de simuler le freinage récupératif à partir des freins du véhicule, offrant ainsi une conduite beaucoup plus prédictive. Je recommande fortement de l’activer. Je trouve que cette simulation est bien réussie et « seamless ».

Perte d’autonomie dans un stationnement La Model 3 consomme même lorsqu’elle est stationnée. Prévoyez une perte d’environ 5% ± 5% pour une journée de travail de 8 h. Ceci s’est beaucoup amélioré au cours des dernières années, alors que cela atteignait facilement 15% en 2018-2019. Je présume que Tesla a recalibré le système de « dormance » du véhicule. Si vous laissez le véhicule pour une période plus longue, il entrera en mode dormance plus profonde et cessera de consommer, à moins que vous n’ayez activé le Mode Centurion (Centry Mode), qui consomme beaucoup d’énergie.

Impact d’une boîte de toit Une boîte de toit (Thule) sur une Model 3 ou Y entraînera une perte d’autonomie substantielle. Je n’ai pas de chiffres officiels, mais comptez un impact d’environ 10% pour les longs trajets.

Recharge Par grand froid, une recharge sur une prise 120V ne réussira pas à ajouter de l’énergie à la voiture — elle ne fera que maintenir sa charge. Il faut donc prévoir un accès à une borne de niveau 2 ou une prise 240V pour recharger le véhicule. La vitesse de recharge est également ralentie. Prévoyez au moins une heure de plus pour une recharge sur une borne de niveau 2 et plusieurs minutes de plus à un Supercharger. N’oubliez pas d’utiliser le préconditionnement de la batterie à l’approche d’un Supercharger pour permettre une recharge plus efficace. En période de grande demande, les Superchargers peuvent limiter la recharge à 80% de la capacité de la batterie. Cela peut avoir un impact important si vous avez besoin de chaque kWh de la batterie pour vous rendre à destination. Les Superchargers : prévoyez un achalandage important lors de grands froids, alors que plusieurs propriétaires auront besoin d’électrons supplémentaires pour se rendre à destination. Il peut y avoir de longues files d’attente pouvant ajouter des heures et plusieurs jurons à votre déplacement.

Supercharger Lévis

Exemple Mon trajet quotidien fait environ 12 km en ville avec quelques côtes (Sherbrooke), soit un total de 24 km. Après une journée de travail de 9 h, en stationnant dehors à -28°C et en préchauffant l’habitacle environ 5 minutes, j’ai « passé au travers » 25% de ma batterie long range (499 km d’autonomie neuve), donc techniquement environ 125 km « virtuels ». Ceci se stabiliserait rapidement pour un trajet plus long, mais je crois que cela illustre bien les limites d’une voiture électrique par temps très froid.

Autres désagréments Certains problèmes d’électronique peuvent apparaître par temps très froid.

Des lecteurs nous ont signalé une panne généralisée de la voiture. De mon côté, j’ai un problème de vitres qui descendent « tout seul » par temps glacial… On a également rapporté que certaines bornes Supercharger étaient non fonctionnelles lors de la dernière vague de froid. Pas très commode lorsque plusieurs clients attendent en ligne, d’autant plus que la recharge est moins efficace.

Préparer un voyage Si vous préparez un long déplacement, utilisez le système de planification de trajet de la voiture. C’est le meilleur outil pour prévoir un déplacement dans une Tesla, surtout en hiver lorsque les conditions sont plus difficiles à prévoir. De mon expérience, ce système est assez fiable dans ses estimations.

Acheter une Tesla au Québec Comme pour toute voiture électrique, les chiffres d’autonomie en km sont optimistes, même par temps « parfait ». Lorsqu’on magasine une voiture électrique, il faut donc prendre cela en considération, tout comme la dégradation normale de la batterie avec le temps. Par exemple, la Model 3 à roues motrices arrière « de base » a une autonomie de 438 km selon les normes EPA. En réalité, prévoyez tout au plus 400 km par une belle journée d’été. Deux ans plus tard, l’autonomie maximale sera plus proche de 410-400 km (perte d’environ 5%), et donc environ 360 km réels. Il ne faut pas oublier que l’on n’utilise pas 100% de la batterie. En général, on préfère atteindre un point de recharge avec au moins 10% restant pour se donner un peu de marge. En prenant tout cela en considération, on peut donc estimer un trajet par temps parfait de 300 km sans tracas pour une Model 3. Par temps très froid (-25°C) et avec des conditions routières normales, on peut parcourir environ 150 km sans tracas (50% de 300 km). Bref, il y a une grosse différence entre les 438 km annoncés et les 150 km utiles réels.

Je réitère encore : les Superchargers peuvent limiter la recharge à 80% de la capacité de la batterie. Cela peut avoir un impact important et doit être considéré si vous vous déplacez souvent dans des régions plus éloignées.

Conclusion Les véhicules électriques ne brillent certainement pas par temps très froid. La Model 3 s’est énormément améliorée à ce niveau au cours des dernières années, mais ce n’est pas parfait.

Êtes-vous d’accord avec moi? Avez-vous une expérience différente?

2 avis sur “L’impact du froid sur la batterie et l’autonomie de la Tesla Model 3 l’hiver au Québec

  • 2024-01-17 à 10:07 PM
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    Ca ne me touche absolument pas … je fais 100 km par jours plus ou moins sauf quand je vais faire du ski à bromont je charge au dix30 15 min je pars toujours la batterie conditionnée.. pareil le soir après le travail .. si j’ai des imprévus la conduite s’adapte .. j’ai d’autre chose à faire que de regarder ma batterie se vider .. tant que je peux faire mes chose .. c’est sur que si t’as pas de chargeur à la maison c’est inconcevable… quand je suis stationné je suis branché … au travail je suis sur le 120 volt ça maintient ma charge et permet de conditionner la batterie avant de partir avec quelques km de plus en autonomie .. pour moi l’hiver n’est absolument pas un enjeu. ..

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    • 2024-01-18 à 1:17 PM
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      Effectivement, lorsqu’on fait le même trajet on apprend vite à optimiser le véhicule.
      L’incertitude persiste toutefois avec les longs trajets moins connus, même pour moi après plusieurs années. On s’y fait, c’est pas la fin du monde, mais il faut planifier.

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